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.8.Lorsque Guillaume entre dans la parfumerie, Alice reste un
instant interdite. Elle ne sait pas si elle doit se réjouir ou
s'inquiéter de cette apparition. Comme il l'embrasse, Guillaume
note l'embarras de la jeune femme qu'elle a cependant cherché
à cacher derrière son plus beau sourire. Ce qui ajoute encore
davantage
au
stress
du
garçon,
personnes
autour
d'eux
mettait
que
la
présence
d'autres
déjà
suffisamment
sous
pression. Curieusement, c'est pourtant lui qui prend la parole le
premier, d'une voix presque placée :
Je… Mon père a beaucoup aimé le parfum qu'on lui a
choisi.
Ah ! C'est bien…
Elle se décrispe un petit peu avant d'hésiter, comme il garde
alors le silence :
C'est tout ce que tu avais à me dire ?
Non, je… Enfin, tu…
Il soupire, prend une grande inspiration. Désarçonnée, Alice
suit son mouvement de la tête, sans mot dire. Comme elle ne
voit pas du tout où il veut en venir, cela la met mal à l'aise. C'est
la première fois qu'un garçon reste incapable d'aligner plus de
deux mots devant elle. D'habitude, ils n'en finissent de la
baratiner, de lui dire qu'elle leur plait, qu'ils n'ont jamais vu
d'aussi jolie fille auparavant, quand ils ne lui laissent pas des
messages grotesques sur son téléphone mobile.
Et
le
voilà,
lui,
complètement
crispé,
en
pleine
crise
de
tachycardie. Elle hésite finalement :
Oui ?
Tu sais, je ne connais… Enfin, je ne suis pas d'ici, et je
n'ai pas beaucoup d'amis dans cette ville. Alors je me
suis dit que… Tu pourrais… Enfin on pourrait peut-être
prendre un verre… histoire de faire connaissance…
Voilà !
Ah oui ?
Soudain, deux vieilles femmes pomponnées presque aussi
guindées que Guillaume pénètrent dans la boutique. Alice doit
se sortir de cette impasse rapidement :
Euh,
écoute,
j'ai
du
travail,
là…
Tu…
Euh…
Tu
repasses demain ?
Ouais… lâche-t-il dans un souffle. Aucun problème…
D'accord, on fait comme ça, alors. Je dois te laisser,
là… Tu n'as besoin de rien ?
Euh, attends !
Il hésite encore quelques secondes avant de lâcher :
Ce serait peut-être mieux que je t'appelle, non ?
Un sourire illumine à nouveau ses traits. Allant jusqu'à la
caisse, elle attrape un stylo. Il lui tend une espèce de petit
agenda de poche qu'il feuillette jusqu'à une page vierge. D'une
écriture arrondie vraiment agréable à lire, elle a vite fait d'y
apposer
ses
coordonnées.
Lui
rendant
son
calepin,
elle
avant
de
se
diriger
vers
ses
deuxl'embrasse
furtivement
clientes…