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Chanson au profit le l'association
LES P'TITS BOUTS,
qui s'occupent de récolter
des dons pour faire avancer
la recherche sur
les maladies orphelines
et en particulier
Le Syndrome de Cockayne.

Pour soutenir l'association,
accéder à son site
http://cockayne.free.fr/
pour y acheter le CD ou faire un don.


.16.
Le soir venu…

Guillaume descend l'avenue d'érables d'une démarche nerveuse. Son ventre noué comme jamais, il est au comble de l'anxiété lorsqu'il passe l'entrée de la parfumerie. Le regard de Denise le foudroie presque sur place. Celui de Cécile n'est guère plus tranquillisant. Alice est occupée à passer une jeune femme en caisse. Comme elle le voit, elle frappe sur une mauvaise touche de l'ordinateur. Elle doit s'y reprendre à deux fois pour recompter la monnaie avant de la donner à sa cliente. Cette dernière fait une grimace en constatant que la vendeuse ne lui a donné aucun échantillon mais n'intervient pas. Elle quitte la parfumerie d'un pas rapide. Guillaume reste comme à son habitude, planté près des rayons des parfums d'homme. Après un regard adressé à Cécile, Alice s'avance vers lui, en essayant de paraître aussi détendue que possible. Il l'embrasse avant de lui demander simplement comment elle va.
Oh ! Ça va ! Malheureusement, ce soir, je n'ai pas vraiment beaucoup de temps. J'ai un rappel de vaccin à faire. A la grimace que fait le garçon, elle ajoute bientôt, tout en soulevant son gilet sur son nombril orné d'un piercing discret :
Ne t'inquiète pas, les piqûres, ça me connaît !
Je vois ça…
Bon… Je vais y aller, maintenant !
Tu… Tu as eu ma lettre ?

Elle acquiesce avant de répondre :
J'aime beaucoup ce que tu m'as écrit. Tu écris

drôlement bien.
Si au lieu de parler de mon travail, je t'avais parlé de ça, on serait allé jusqu'à la fermeture, l'autre soir… D'ailleurs, sur ce point…

Tu sais, j'étais plutôt fatiguée. Ça m'a fait du bien de me coucher de bonne heure, finalement.
Ah oui ?
Oui. Ecoute, ne crois pas que je te chasse, hein ? Mais il faut vraiment que j'y aille. J'ai rendez-vous à six heures et quart ! Tu repasses quand tu veux… L'embrassant, elle lui adresse ensuite un dernier sourire avant de s'éloigner vers une porte affichant "Privé". Tout penaud, Guillaume se dirige mollement vers la sortie. Cécile le regarde s'éloigner avec une espèce de gêne mêlée de compassion. Sur cette dernière impression de pitié, elle se dit qu'elle a bien fait de prévenir Alice. Il est touchant, c'est sûr, mais ce garçon l'aurait entraînée au fond avec lui. Et à son âge, avec ses études, ce serait une catastrophe pour la jeune fille de s'engager sur le chemin chaotique d'une histoire aussi hasardeuse que celle-ci…