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Chanson au profit le l'association
LES P'TITS BOUTS,
qui s'occupent de récolter
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la recherche sur
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et en particulier
Le Syndrome de Cockayne.

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chapitre 4



Si vous avez besoin d'un conseil, d'un soin ou de quoi que ce soit d'autre, n'hésitez pas à passer ! dit Alice en tendant au garçon une petite poche remplie d'échantillons et du parfum enfin choisi.
Je n'y manquerai pas… Merci ! Euh ! Au revoir…
Au revoir… Comme le jeune homme quitte enfin la parfumerie, la collègue d'Alice s'empresse de fermer à clef la porte vitrée :
Huit heures cinq ! Le petit con ! La prochaine fois, tu me

l'expédies plus vite que ça, lui !
Il voulait être sûr de faire plaisir à son père… hésite

Alice.
Il n'avait qu'à lui acheter une bouteille de pinard, alors ! Moi, mon père, tu lui donnes un truc qui se mange ou qui se boit, tu fais un heureux ! Et tu ne passes pas une heure et demi dans une parfumerie…

Il aime son père, Cécile. C'est important à ses yeux, ce cadeau.

Eh, Alice ! Moi aussi, j'aime mon père. N'empêche que dimanche prochain, il aura du saucisson et du vin vieux. Et il sera content.

Ah oui ? Et on peut savoir ce que c'est que ce paquet que tu as emballé aux frais de la maison ?

Je… Quoi qu'il en soit, il veut toujours le même parfum, lui ! Alice file alors dans l'arrière-boutique pour se changer. Abandonnant son tailleur deux pièces, elle enfile simplement un jean et un T-shirt blanc. Le casque suffira largement pour ce qui est de lui donner chaud. Prenant ses quelques affaires, elle quitte la parfumerie par la sortie de derrière pour revenir du côté de l'avenue principale vers sa petite 50. Elle abandonne ses papiers dans le petit espace de rangement sous la selle, duquel elle extrait son casque. C'est alors qu'elle aperçoit la voiture de son pauvre client, clignotant mis, prêt à partir, tourné pour voir arriver des voitures qui se succèdent comme des fourmis, indifférentes à son sort. Levant les yeux, Alice voit l'interminable file de voitures se prolonger jusqu'en haut de l'avenue. Amusée par le comportement du garçon, elle vient cogner à la vitre de sa portière passager. Il sursaute presque avant de reconnaître sa vendeuse maintenant en jean et T-shirt, un casque sous le bras. Un coup d'œil à la moto rouge a valeur de question pour la jeune femme qui acquiesce en souriant. Il ouvre enfin la vitre électrique. Elle lui lance alors :

Eh ! Faut te lancer, sinon tu vas passer la nuit là… Se mordant les lèvres comme il ne répond pas, elle ajoute aussitôt, hésitante :
On peut se tutoyer ?
Euh… Oui, bien sûr !
Attends, je vais te faire passer. Le jeune homme, plus ravi que surpris, la voit enfiler son casque avant d'enfourcher sa moto. Sa silhouette agréable et nerveuse paraît encore plus effacée sur la large selle d'un engin que Guillaume, en parfait néophyte, estime être une assez grosse cylindrée. Reculant en s'aidant de ses pieds, Alice jette un coup d'œil vers le conducteur d'une grosse berline qui s'arrête net. D'un mouvement de la tête, elle le remercie avant de laisser son client "décoller". Il lui adresse un léger signe de la main avant de s'engager dans la procession. Surveillant à la fois la progression de la petite voiture devant lui et son rétroviseur, Guillaume voit la 50 se faufiler habilement autour de sa voiture avant de le doubler. D'un signe de la main, elle le salue avant de poursuivre sa rapide descente de l'avenue jusqu'au feu, auquel elle tourne à gauche. Lorsqu'il arrive à son tour au feu, Guillaume jette un coup d'œil distrait dans la direction qu'elle a empruntée, avec peut-être au fond l'espoir de revoir une fois ce rayon de soleil passé dans sa vie. Il parvient enfin à s'engager sur la rocade, cette drôle de princesse à moto à l'esprit. Ses cheveux sous la lumière intense de l'halogène, son sourire à lui donner le bon Dieu sans confession, et ses yeux… Ses yeux. Un appel de phare dans son rétroviseur le rappelle brutalement à la réalité. Non seulement il empiète à moitié sur la berne, mais en plus il roule à soixante sur une rocade limitée à cent-dix ! Donnant un coup d'accélérateur, il se ressaisit en passant déjà la cinquième ! Bon sang, que lui arrive-t-il ? Pourquoi cette fille ne quitte-t-elle plus ses pensées ? Serait-ce possible que ce soit en train de lui arriver à nouveau ? A lui ? Après ce qu'il a vécu ? Il croise son regard dans le rétroviseur. Pourtant, quelle autre explication ?
Eh oui, grand nigaud, tu es amoureux !