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Chanson au profit le l'association
LES P'TITS BOUTS,
qui s'occupent de récolter
des dons pour faire avancer
la recherche sur
les maladies orphelines
et en particulier
Le Syndrome de Cockayne.

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pour y acheter le CD ou faire un don.


.5.
Le lendemain…

Yann voit arriver son collègue la mine bizarre, un étrange sourire aux lèvres.
Eh ! T'as la colique ou quoi ?
Quoi ? …Non !
Pourquoi tu te fends la poire alors ?
Pour rien… Soulevant les sourcils, le métallier reste surpris que son partenaire ne soit pas plus éloquent ce matin. Une fois le matériel chargé, ils repartent une fois de plus sur la route d'Oléron. La première partie du trajet se passe en silence. Guillaume demeure silencieux jusqu'à ce que son collègue démarre :
T'as encore la tête dans ton bouquin ?
Comment ?
Je te demandais si tu pensais à ton livre.
Ah ! Non, sans plus.
Quoi ? Tu vas laisser tomber ?
Non, je ne sais pas.
Tu sais, je te charriais hier. T'écris pas mal, en fait. C'est juste tes histoires qui… Enfin… Et puis merde, qu'est-ce qui t'arrive à la fin ?
J'ai… Non, rien.
C'est une fille ?

Comme Guillaume ne répond pas, Yann repart :
Quoi ? C'est un mec ?
Non ! C'est bien une fille.

Le visage du jeune s'éclaire d'un sourire. Son collègue conclut :
Et elle est jolie.
T'imagine pas à quel point…
Et quoi ? Tu lui as parlé ?
On a passé un bon moment à parler.
De quoi ?
De parfum.
Oh galère ! Je te préviens, je suis allergique au parfum !
Tu préfères l'odeur de tes clopes ?
Je te signale que j'ai réduit à trois par jour !
Bel effort !
Merci… Tu vas la revoir ?
Je ne sais pas.
Comment ça, tu sais pas ?
Ben elle travaille à la parfumerie où je suis allé acheter mon cadeau de fête des pères. Tu comprends, je ne sais pas si elle a été aimable avec moi pour me plumer ou parce qu'elle me trouvait sympa.

Raconte-moi comment ça s'est passé et je te le dirai, moi. Guillaume se lance dans un récit de cette rencontre, avec une multitude de détails. La plupart étant superflue, Yann a été obligé de ramener plusieurs fois sa pipelette de collègue dans le sujet avant de savoir le fin mot de l'histoire. Après une courte réflexion, il a alors conclu :
Non, c'est une fille sympa. Elle aurait pu te planter là et partir directement avec sa moto. Elle n'était pas obligée. Si elle te plait tant que ça, et vu tout ce que tu m'as raconté, ça a l'air d'être le cas, retourne la voir, et essaye d'avoir son téléphone.
Ah oui ! Son… son téléphone…
Oui, elle a sûrement un de ces petits trucs qui couinent dans la poche et qu'on appelle judicieusement un portable. Tu vois ce que c'est ?
Oui, merci !
Alors, c'est quoi ton problème avec le téléphone ?
Je n'arrive pas à parler dans ces trucs-là. J'ai besoin de voir la personne, de voir ses réactions à ce que je dis. Au téléphone, je ne sais jamais comment je tombe, si mon appel dérange ou des trucs dans ce genre. Et puis mes idées s'embrouillent.
Ça, je te rassure, il n'y a pas qu'au téléphone.
Je ne saurais jamais quoi lui dire !
Parle-lui de ce que tu aimes, de ce que tu connais. Si ça la branche, ma foi, tant mieux. Sinon, c'est que vous n'avez rien à faire ensemble. C'est aussi simple que ça ! Comme Guillaume lui adresse un regard de suspicion, il répète avec assurance :
C'est aussi simple que ça.
Il faudrait déjà qu'elle m'écoute…
Eh ! C'est elle qui t'a accosté quand tu es entré dans le magasin. C'est encore elle qui t'a aidé à quitter ta place de parking… D'ailleurs sur ce coup-là, chapeau ! Quand je pense à toute la ville qu'on s'est payé cette année ! Enfin, cette fille, elle est vendeuse. Elle est ouverte, elle aime le contact des gens. Pourquoi pas toi ?
Mais pour dix mille raisons ! Tu m'as regardé ?
Tu es un homme. C'est une femme. Sorti de là, si elle

n'a pas déjà quelqu'un, tout est possible.
Ça se voit que tu ne l'as pas vue…
Vue ou pas, moi je vais te dire un truc. Ne l'idéalise pas. Elles ont horreur qu'on leur mette la pression avec des trucs débiles du genre : je n'ai jamais rencontré de fille aussi belle que toi auparavant. Tu vois ce que je veux dire.

Oui. De toute façon, chaque fois que j'ai essayé de faire un compliment à quelqu'un, je l'ai vexé.

Donc, exit les compliments. Elle a une moto ? Parle-lui de moto.

Sauf que je n'y connais rien, moi ! Je ne sais même pas sa cylindrée.

C'était un exemple ! Je ne la connais pas, et puis la question se pose même pas. J'ai déjà une femme, moi ! Prends-toi en main, mon vieux ! Tu n'as jamais emballé une fille ou quoi ?
Si… Mais ce n'était pas pareil… Devant la mine grave qu'affiche soudain Guillaume, Yann n'insiste pas. Il sait que lorsque son collègue fait cette tête, il vaut mieux le laisser à ses pensées. En outre, il n'a pas envie de savoir l'origine de ses brusques sautes d'humeur, de son besoin irrépressible d'écrire à tout prix un livre ou comme là la vraie raison de son allergie à un objet aussi usuel que le téléphone…